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Discothèque, festival : comment bien gérer votre diffusion de musique amplifiée ?

Quel est le rapport entre un Conforama désaffecté en banlieue et un bar/restaurant Marseillais ? Pour le pôle acoustique de LTE-SAT, le rapport, c’est la course au décibel.

L’un doit devenir le théâtre d’un festival musical, l’autre cherche à booster et optimiser son installation pour gagner en puissance sonore. Accueil du public et nuisances sonore impactant l’environnement, ces deux lieux sont bien différents mais également soumis à une réglementation stricte pour la diffusion de musique amplifiée. C’est là que nos spécialistes sont intervenus, pour guider les deux sites vers l’installation électroacoustique parfaite, au décibel près.

Votre établissement diffuse de la musique : connaissez-vous la réglementation ?

Pour le bar de nuit marseillais SportBeach et pour le collectif Alter-Paname en préparation d’un festival à Saint-Ouen, un même objectif : diffuser le juste niveau sonore dans leur établissement, sans provoquer de nuisances.

Terrasse du sportbeach
Terrasse du SPORTBEACH

Et pour cela, leur installation doit respecter deux points de la réglementation.

  • Loiº1 :  protéger le public sur place

Il s’agit du décret du 7 août 2017 relatif à la prévention des risques liés au son amplifié.

Qui est concerné ?

Les responsables de lieux dont l’activité implique un son amplifié, avec des niveaux élevés et sur une période continue.

Pourquoi ?

Il vise à protéger l’audition du public exposé, en lieu ouvert ou clos.

Quoi ?

Le décret instaure une limite de 80 décibels en dB(A) pendant 8 heures d’affilée. Au-delà, il est nécessaire d’offrir une zone de repos acoustique (les fumoirs dans une boîte de nuit, par exemple).

Il limite également le niveau de pression acoustique continue à 102dB(A) sur une durée de 15 minutes.

L’établissement a l’obligation d’afficher à la vue du public le niveau sonore à l’aide d’un dB mètre. Par conséquent il doit contrôler ses niveaux sonores avec un limiteur de pression acoustique qui écrête les niveaux dépassant la valeur réglementaire. Soit, généralement, un micro installé à l’endroit le plus représentatif de l’ambiance sonore du lieu.

  • Loi nº2 : les nuisances sonores externes

Il s’agit du décret du 31 août 2006 relatif à la lutte contre le bruit de voisinage.

Quoi ?

Cette réglementation établit ce qu’on appelle une émergence : la différence entre le bruit ambiant et le bruit résiduel. Avec deux valeurs limites à respecter, en journée et en soirée.

D’un côté, le bruit ambiant correspond à la somme d’un bruit particulier (la composante gênante du bruit qu’on veut identifier/éliminer) et du bruit de l’environnement.

De l’autre, le bruit résiduel correspond au bruit naturel déjà présent dans l’environnement, hors lieu de sonorisation (activité humaine, circulation, faune, etc.).

Pour savoir si un établissement respecte bien ces valeurs, on mesure les bruits à la limite de leur propriété ou au plus proche des bâtiments impactés en période diurne (7h-22h) et nocturne (22h00-7h00). d’

Quelles valeurs ?

Entre 7h et 22h, on ne peut pas dépasser 5dB de différence entre les deux. Sur la période nocturne, la différence est réduite à 3dB.

Comment booster une sonorisation sans dépasser la réglementation ?

Dans le cas du SportBeach, à Marseille, le gérant comptait acquérir un matériel de son plus performant – ce qui ne signifie pas forcément un son plus fort, mais plus fin, et plus de possibilités de modulation. Sa demande était somme toute classique : passer à un matériel de qualité supérieure (meilleure gamme fréquentielle, plus de basses, son plus rond)… en revoyant au passage toute l’installation et son respect des réglementations.

La mission d’LTE-SAT, réaliser une étude de sonorisation, consistant à :

  • Intégrer les nouvelles enceintes ;
  • revoir l’orientation du matériel sur place ;
  • prévoir le réglage de la puissance pour une propagation homogène du champ acoustique sur l’ensemble de la zone d’écoute de la terrasse extérieure.

On étudie alors l’acoustique du lieu, pour présenter des résultats prédictifs.

Modèle 3D pour la terrasse du Sportbeach
Modèle 3D de la terrasse du SPORTBEACH

Simulation du niveau sonore diffusé par le système de sonorisation sur la terrasse du SPORTBEACH.

D’autre part, nos équipes ont mené une seconde étude d’impact sur la nuisance sonore du bar sur les zones d’habitation périphériques.

Mesure du bruit résiduel en période diurne et nocturne en limite de propriété du SPORTBACH

C’est la combinaison des deux études qui permet finalement de donner des niveaux de réglages précis des enceintes.

La difficulté, dans ce cas de figure, était liée à l’installation originelle du système de sonorisation. Un espace ouvert (une terrasse), une vingtaine d’enceintes dont il fallait forcément changer l’orientation si on en remplaçait quatre à des points stratégiques. Il a donc fallu fournir une étude très pointue sur l’orientation optimale de tout ce matériel, pour une bonne cohérence du son sur place et alentours.

Prédire et anticiper l’inconnu : l’exemple d’un festival musical en plein centre-ville

À l’inverse, il est beaucoup plus rare que nos clients nous demandent une étude d’impact et prédictive sur une installation qui n’existe pas encore.

C’était le cas du festival « Une nuit au Conforama », que le collectif organisateur a monté dans un ancien magasin Conforama définitivement fermé, dans une zone relativement désaffectée de Saint-Ouen.

Ici, il a fallu imaginer tout l’existant pour projeter les possibilités d’installation.

À l’origine, les organisateurs prévoyaient d’installer plusieurs scènes, dont une parfaitement fermée et isolée, à l’intérieur du magasin. Ce qui ne devait poser aucun problème d’impact de nuisances sonores sur les riverains.

En revanche, une scène devait rester semi-ouverte, située à proximité des baies vitrées faisant aussi office de sortie de secours. Le son se propagerait donc vers l’extérieur (un parking avant des barres d’immeubles habités).

La mission de nos équipes a donc consisté à estimer le niveau sonore à la sortie de ces deux baies vitrées pour que l’émergence soit respectée en limite de propriété du magasin.

Sorties de secours de la scène semi-ouverte (flèches vertes = baies vitrée )

Nous avons donc réalisé une étude en inversant le procédé habituel. Notre ingénieur est parti du point de mesure en limite de propriété pour remonter ensuite vers le système de sonorisation de lascène.

Puisqu’il s’agissait d’un événement nocturne, il a simplement ajouté 3dB à ses mesures de bruit résiduel, puis calculé la décroissance spatiale jusqu’au point des baies vitrées. Soit de combien allait baisser le niveau sonore entre ces deux points.

Simulation de la propagation sonore du système de sonorisation de la scène semi-ouverte sur le parking du Conforama désaffecté

Ne restait plus ensuite aux régisseurs qu’à régler leurs enceintes à l’aide d’un sonomètre au niveau des baies vitrées en se calent sur lesrésultats que nous avions calculés.

Si vous gérez un établissement ou un événement concerné par cette réglementation, faites-vous conseiller par nos acousticiens qui protégerons les oreilles de vos clients ainsi que celles des riverains.

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